DIALECTIQUE METAPHYSIQUE

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    Les catalyseurs d'Histoire.

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    geveil

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    Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par geveil le Dim 1 Oct - 13:31

    Un roman de SF que j'avais commencé, mais n'ayant pas le courage de le continuer seul, je vous le soumets pour la suite.  A vos claviers!
    Vous pouvez sauter les considérations d'ordre philosophique qui suivent et passer directement au message suivant.



    NOTES POUR LA  STRUCTURE du ROMAN

    Comment l'idée d'une telle mission est-elle venue aux hommes du futur  ?
    La paix règne dans les le système solaire. Quoique le niveau spirituel moyen soit très élevé, il existe encore des courants de pensée différents mais qui ont tous une qualité commune, la tolérance si bien qu'aucun  conflit majeur ne sévit entre les humains.
    Il y a bien des grands travaux qui mobilisent les énergies, mais ce sont surtout des travaux d'embellissement, d'aménagement, pilotés et effectués par des robots Certains travaux qu'il faut suivre sur les planètes ou les satellites, ne sont pas sans danger et on comte encore des accidents du travail malgré la robotique.
    La recherche porte surtout sur les pouvoirs de l'esprit, l'histoire et l'exploration de l'univers.  Beaucoup d'hommes se livrent à la méditation, au progrès spirituel, d'autres à l'art et à des jeux sophistiqués, parfois mortels. On pourrait penser qu'ils ne s'ennuient pas et pourtant  ! D'où la nécessité de trouver un but à l'humanité.
    C'est des historiens que viendra une proposition, au vu des souffrances endurées et provoquées par l'humanité en ses débuts, sachant qu'il existe certainement d'autre civilisations débutantes dans le cosmos, pourquoi ne pas faire quelque chose pour leur éviter ces souffrances  ?
    Qui a pris la décision  ?
    Cette proposition est venue à la connaissance du gouvernement solaire et le président a décidé de réunir le comité des sages pour en évaluer le bien fondé et la faisabilité. Il en ressort que compte tenu des connaissances actuelles, cette mission est faisable quoi que tout à fait aléatoire, mais le comité se prononce en sa faveur par la compassion qui habite les hommes de ce temps, certes, mais surtout pour donner un but à  l'humanité
    La préparation
    Armes matérielles: paralyseurs, brouilleurs,
    Armes mentales:
    former des maîtres en arts martiaux.
    Armes psy:
    pour les affrontements individuels: il s’agira d’apprendre aux hommes à créer du lien.
    Exemples:
    une jeune femme se fait agresser par un violeur. Elle dit à son agresseur “ Bon, vous êtes plus fort que moi et je n’ai pas l’intention de résister, mais avant, je voudrais au moins voir vos yeux”. L’agresseur l’a regardée et n’a pu aller plus loin”
    Une jeune femme se fait agresser par un exhibitionniste. Loin de crier, elle regarde tranquillement le sexe de l’agresseur et dit “ C’est tout ?” L’exhibitionniste s’est sauvé sans demander son reste.


    Là encore, il ne peut s’agir que de mûrir. Ce sont les enfants qui cèdent à  l’attrait du nouveau sans se méfier.


    Réflexions pour la cohérence
    Si on choisit d'intervenir dans l'histoire des planètes habitées par compassion, pas de problème, l'expédition peut partir sans espoir de retour et il n'est pas nécessaire de prévoir une transmission à la terre.
    Si par contre la décision de cette expédition vise à donner un but à l'humanité, il devient important  :
    soit de transmettre ses péripéties aux habitants du système solaire soit de prévoir un retour de l'expédition pour qu'elle en fasse le compte rendu.
    La question est alors de savoir si c'est théoriquement possible et techniquement  faisable.
    Comme je n'en sais rien, le mieux est de m'en référer à ce dont j'ai envie, or ce qui m'intéresse, c'est de vivre en imagination, une amélioration de la vie dans une civilisation de type médiéval. Peu importe dans ce cas l'état de la technologie du futur.
    La deuxième question est de savoir si un sage n'a pas comme règle la non intervention,  ce qui rendrait la l'idée d'une expédition interventionniste contradictoire.  Autrement dit, faut-il accepter d'en passer par les souffrances que connaît notre humanité pour grandir. A ce sujet, dans son ouvrage «   Être Dieu  » d'Alan Watts, « 
    Page 156 :" Riant aux larmes en voyant jusqu'à quel point on a pu méconnaître la réalité du monde: regardée dans un pinceau de lumière, étroit à l'extrême, appelé conscience, il était vraiment impossible de comprendre comment toutes choses étaient reliées entre elles."

    Parce que ce qu'il faut  comprendre, selon A.W, entre autres choses, c'est que nous les hommes sommes des "comédiens" dans lesquels Dieu joue à cache cache avec Lui-même, " Ce qui apparaissait autrefois comme la souffrance et le mal, est compris maintenant comme le jeu de cache-cache de Dieu."( page    )

    «  Il est pourtant évident que la vie, considérée comme un système d'organismes s' auto-détruisant en se nourrissant de lui-même, " veut" la souffrance tout autant qu'elle veut le plaisir. Il s'ensuit que maîtriser sa vie revient à admettre, à rendre consciente la secrète préoccupation que l'on a  pour l'extase à travers la douleur. (p.128 )  »
    Autrement dit faut-il accepter d'en passer par les souffrances que connaît notre humanité pour grandir  ?

    Dans ma conception métaphysique des choses, à savoir qu'à la fin des temps l'Être, enfin unifié devra se diviser pour recommencer, recréer un monde, cette division cet éclatement lui sera d'une infinie souffrance mais aussi d'une joie infinie. Cette décision d'éclater, de se risquer, proviendrait d'un amour infini. La souffrance que connaissent les humains est donc peut-être l'apprentissage indispensable à la décision finale. Or, il me semble que les souffrances humaines ne doivent pas être considérées comme nécessaires à un apprentissage, mais comme conséquences d'un apprentissage mal fait qui, s'il était bien mené, pourrait en éviter une grande part.  Je suis obligé ici de faire la distinction entre les souffrances infligées par quelqu'un et les souffrances inhérentes à l'exploration du monde. Si vraiment la souffrance infligée était une nécessité, je serais très réservé quant à l'Être unifié, l'Un que d'aucuns appellent Dieu. L'image qui me vient est celle de particules 'aveugles' qui s'agitent dans tous les sens à la recherche de l'autre dans le but de la fusion, car la fusion permet de «   sentir  », d'éprouver. Mais dans cette agitation aveugle, si des fusions se produisent, des chocs  provoquant des scissions se produisent aussi, d'où la souffrance. Il est à remarquer que la fusion produit beaucoup plus d'énergie que la fission. Mais dès l'apparition de la conscience il est possible d'organiser les fusions et de réduire l'agitation anarchique des êtres inconscients. La question est alors «   Est-ce souhaitable  ?  » L'idée qui me vient c'est que ça ôterait de l'intérêt à la vie, car en supprimant le hasard, ne supprimerait-on pas le suspense, or la vie sans suspense aurait-elle envie de se perpétuer  ? Je pense que oui, car la connaissance apporte une sécurité qui favorise l'exploration et donc la découverte. Non seulement le suspense n'est pas supprimé mais il devient beaucoup plus attrayant, car la connaissance permet de conjurer la peur.
    Oui, mais les enfants n'aiment-ils pas se faire peur avec délice  ?  Certes, mais ils aiment se faire peur lorsqu'ils sont en sécurité, autrement dit lorsqu'ils savent que les dangers dont ils se régalent sont imaginaires, ou, s'ils ne le sont pas, que quelqu'un sera là pour les protéger.

    Des considérations qui précèdent, j'en déduis que oui, une intervention pour éviter non pas les rencontres, les confrontations, les luttes, mais les chocs destructeurs, les souffrances infligées , est souhaitable.
    Soit, mais dans ce cas, pourquoi l'Être, dans on infinie sagesse n'a pas conçu le monde pour les éviter  ? Et pourquoi l'homme s'en mêlerait-il  ?
    C'est une bonne question et ne n'ai pas de réponse pour le moment, se ce n'est que c'est moi, homme de ce siècle qui ait envie  d'harmonie et de voir les souffrances infligées disparaître.

    Serait-ce bon pour la réunification, c'est-à-dire, pour la vie  ? Peut-être que non, et dans ce cas, peut être que les hommes du futur seront non interventionnistes, à moins qu'ils ne choisissent la fin définitive.







    Objectif Il s’agit, pour les catalyseurs D'HISTOIRE(CH), d’aider les habitants les plus civilisés d'une planète à mûrir.
    L’Histoire peut s’appuyer sur des conspirations qui règnent dans la noblesse et la royauté au
    moyen  âge telles qu’on peut les voir dans le film “ Les rois maudits”.

    Tâches à long terme.
    Notre civilisation a anéanti  des civilisations beaucoup plus spirituelles que la notre, comme les indiens d’Amérique, etc...Les CH pourraient s’appuyer sur de telles civilisations pour résister à l’effet pernicieux de la marchandisation des civilisations analogues à notre société occidentale.
    Faudrait-il pour cela leur fournir des armes matérielles ou des armes mentales, ou les deux? Sachant qu’on a développé des armes non létales, c’est tout à fait envisageable.

    En ce qui concerne le mental, les indiens se sont laissés séduire par de la bimbeloterie et l’alcool. Il faut donc en prévenir les sages et les chefs de clans et leur donner les outils psychologiques pour protéger leur peuple.

    Dans certaines séries de SF, il est interdit aux cosmonautes d’intervenir sur des civilisations moins avancées que la leur sous peine de les déstabiliser au point qu’elles se détruisent. Est-ce recevable ?
    Dans mon roman, il sera bien sûr permis d'intervenir, mais la déontologie des cosmonautes leur interdit, malgré leurs pouvoirs mentaux d'intervenir directement sur la pensée des individus, contrairement à ce que faisaient les scaythes dans «  la trilogie des guerriers du silence  ».

    Les tâches  urgentes:
    mettre fin aux souffrances destructrices infligées consciemment d’homme à homme ou auto-mutilantes.

    Tout corps constitué, qu’il soit biologique ou social, secrète des toxines. Pour un corps biologique ces toxines sont pour la plupart répertoriées et le plus souvent éliminées par les organes adéquats. Les toxines d’un corps social sont des cellules, c’est-à-dire des individus déviants. Selon les civilisations, le corps social se dote d’organes de sélection et d’élimination ou de réinsertion. Ainsi, pour une civilisation humaine encore immature, les organes de sélection seront la police et la justice, l’organe d’élimination la justice exécutive qui emprisonnera ou exécutera les déviants. Dans une telle civilisation, les déviants sont vraiment des poisons pour la société car  il se forme alors un phénomène boule de neige, à savoir que l’impuissance à les réinsérer secrète la peur chez les plus faibles et le cynisme chez les dominants, ce qui entraîne des mesures de plus en plus coercitives et conduit aux abus de pouvoir et à la dictature. Heureusement, il existe une contre-réaction négative due à l’apparition d’individus spirituellement plus évolués que la moyenne qui peuvent soit être à l’origine de lois visant à améliorer les organes de filtration et d’élimination soit provoquer des révolutions contre les dictatures . Dans une civilisation plus mûre, les déviants sont plus des dopants que des poisons. En effet, ces déviants suscitent des vocations d’aide qui contribuent à la prise de conscience de la solidarité humaine et partant,  à la cohésion et à la vitalité du corps social.


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    geveil

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    Re: Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par geveil le Dim 1 Oct - 13:46

    LA MISSION


    Le président: Mes amis, après une longue concertation nous avons décidé d’intervenir auprès de civilisations proches de la nôtre mais qui en sont encore à un stade antérieur. Nous avons décidé d’intervenir comme des parents qui aident leurs enfants à grandir en les éduquant, en les enseignant, en les écoutant et en les protégeant.

    En les éduquant: nous savons  à quel point il est difficile d’éduquer un enfant, mais nous savons que les enfants apprennent surtout par l’exemple. Même lorsqu’ils s’opposent à leurs parents, c’est leur modèle qu’ils intègrent. La vie en société, comme la vie en famille nécessitent des règles. La seule chose que des parents qui les respectent puissent et même doivent exiger de leurs enfants, c’est le respect de ces règles, quitte à utiliser la contrainte. La seule chose qu’on puisse exiger de ces règles, c'est qu’elles soient cohérentes, ne comportent pas de messages paradoxaux et respectent la vie. Le problème est que vous arriverez dans une civilisation en marche qui n’a pas encore atteint notre maturité. Vous serez dans la situation de ces familles d’accueil qui ont pour charge d’éduquer des enfants déjà marqués, déjà tant soit peu déviants. Une civilisation n’a pas de père ni de mère pour lui servir d’exemples, elle doit se les inventer, d’où les mythologies, les religions, comme un enfant orphelin s’invente un père ou  une mère. Si un tel enfant est adopté, ce sont les parents adoptifs qui lui serviront de modèle.  Ce pourrait être une excellente chose que de vous présentez comme des parents adoptifs. Comme de bons parents, vous devrez donc veiller à ce que les jeux de vos enfants ne soient pas dangereux, et que les enfants ne trichent pas. Nous considérons comme dangereux non pas ceux où l’on peut mourir, mais ceux qui détruisent psychiquement l’adversaire. Il ne faut pas espérer mettre fin aux affrontements mortels, car pour les mâles humains, affronter la mort est un passage initiatique de l’état d’enfance à l’état adulte. Les règles de chevalerie dans notre ancien moyen âge nous paraissent de bonnes règles pour cette étape de civilisation. Si vous rencontrez des règles du jeu ineptes, vous ferez le nécessaire auprès des meneurs de la civilisation, rois, seigneurs, conseillers pour qu’ils adoptent de nouvelles règles ou du moins en acceptent quelques modifications.
    Comme de bons parents, vous veillerez à ce que vos enfants soient bien nourris.  Grâce à notre technologie, vous mettrez fin   à la famine dans les pays où elle règne.
    Si cette famine est due à des causes purement naturelles, vous enseignerez les habitants pour qu’ils sachent l’éviter dans l’avenir et prendrez quelques mesures pour réguler le climat de la planète et rétablir des sols fertiles.
    Si elle est due à l’exploitation par d’autres habitants, vous devrez mettre fin à cette exploitation. Vous rencontrerez sans doute l’esclavage. Pour remplacer les esclaves par des machines, il faudra des siècles et nous en avons discuté, il est préférable de développer la sagesse avant la technologie. l’urgence sera donc de veiller à ce que la condition des esclaves soit supportable et si leurs maîtres sont sadiques, vous devrez soigner ces maîtres. Vous ferez appliquer , si elle n’existe déjà , la loi septennale, à savoir qu’un maître doit proposer la liberté à un esclave après sept ans de servage.
    Bien entendu, dans l’éducation d’un enfant, il y a l’apprentissage de l’hygiène, alimentaire, corporel et publique.


    KURLIA

    L’ordinateur de bord signale un système stellaire semblable au système solaire dans alpha 167-482 à environ trois années lumière de notre position.  Rassemblement de l’équipage dans la salle d’expansion.  Les douze membres s’installent dans les bulles d’isolation et coiffent les casques psychosondeur, reliés à l’amplificateur psychique. Jane Sieberg, coordonateur de la semaine donne l’ordre à l’ordinateur de mettre le cap  sur le système. Respiration profonde, relaxation , perception intra sensorielle, mise en relation des douze , unification. Les douze forment maintenant une seule psyché. Expansion. La psyché se perçoit  comme l’espace environnant le vaisseau, comme une sphère se dilatant plus vite que  la lumière. Elle “voit” tous les corps célestes qu’elle englobe au fur et à mesure de sa dilatation. Soudain, signal d’alerte, sa “surface” approche du système solaire repéré par l’ordinateur. L’expansion cesse à quelques encablures des planètes les plus extérieures du système. L’ordinateur analyse l’étoile du système. C’est bien une étoile du même type que le soleil. Il repère une planète située à environ 168000000 de km de l’étoile. Reprise de l’expansion jusqu’à cette planète. Ralentissement, arrêt. Concentration, rétraction et le vaisseau se “matérialise” près de la planète . Séparation des psychismes. Chaque membre va maintenant explorer mentalement la planète selon sa spécialité. Retour au vaisseau, remontée et reprise de contact avec la réalité classique. Les membres transmettent leurs observations à l’ordinateur qui a lui même effectué une exploration par l’intermédiaires de sondes sophistiquées. Les données sont partagées puis les explorateurs enlèvent leur casque, sortent des bulles d’isolation et prennent place autour de la table de conférence pour le compte rendu.

    Jane : d’après les données recueillies, il apparaît que les civilisations les plus avancées de cette planète méritent un petit coup de pouce. Objection ?”
    Tout le monde savait qu’il n’y aurait pas d’objection, cette planète ne présentait pas de dangers physiques majeurs et pour ces descendants hautement évolués de la race  humaine il n’y avait pas de dangers psychologiques. Les seuls dangers psychologiques ne pourraient être provoqué que par des atteintes physiques à leur cerveau, atteintes physiques contre lesquelles ils étaient bien protégés. La question était une simple formule de politesse, survivance des temps anciens où les négociations étaient rendues difficiles par des ego hypertrophiés. Ces humains étaient tous des éveillés, c’est-à-dire qu’ils avaient rencontré la source de toute chose qui est en chacun de nous et cette rencontre les avait dotés de pouvoirs particuliers, comme l’attention multidirectionnelle, c’est à dire la faculté de percevoir avec acuité des milliers de détails de leur environnement .

    Il fut décidé de nommer cette planète Kurlia et ses habitants les Kurliens. Chacun choisit ensuite le pays dans lequel il allait catalyser, choix qui se fit de manière intuitive, intégra une bulle d’isolation et se téléporta dans le pays choisit. Comme dans les missions précédentes il était entendu qu’on se retrouverait une fois par année kurlienne, au solstice de printemps.

    Karl Mansion( Cosmau géologue ): c’est bon.
    Stanley Vigor ( Cosmau océanographe): bon
    José Artman ( Cosmau géographe): bon
    Simon Merles ( Cosmau historien) : Cette planète est peuplée d’environ 500 000 000 d’habitants tout à fait semblables aux humains et selon les continents, le degré de civilisation est plus ou moins avancé. Il se situe entre le tribalisme et le moyen âge que la terre a connu. Comme sur la terre, ce degré dépend des latitudes. Les civilisations les plus avancées sont les plus proches des pôles.



    LE BÛCHER


    Simon Merles se reconstitua dans sa bulle au dessus de la place de la place de l'Hôtel de Ville de Kopej, une petite ville, aux ruelles étroites et aux maisons à colombage.
    La place était noire de monde, et en son centre on avait dressé un bûcher.  D'une ruelles sortit une escouade de gendarmes escortant vers le bûcher une femme rousse d'une trentaine d'années kurliennes.
    A côté du bûcher, un homme, sans doute le bourreau, tenait une torche enflammée. Sur une estrade, trônaient deux hommes en habits, dont l'un semblait être juge et l'autre prêtre.  Des gens invectivaient la femme, certains même lui crachaient dessus. Merles activa l'amplificateur sonore de sa bulle et dit   : «    Ne conduisez pas cette femme au bûcher, conduisez la au palais de justice où je vous attendrai et ne lui faites aucun mal   ».  En entendant cette voix tonnante venant du ciel, nombreux furent ceux qui tombèrent à genoux. L'escouade de gendarmes, interdite, fit halte en attendant la réaction du juge.  Ce dernier, pâle, inquiet et apparemment furieux fit un signe de tête à l'officier et l'escouade prit la direction du palais de justice, suivie du prêtre et du juge.  La foule tenta de suivre, mais arrivée au palais, il lui fut évidemment interdit d'y pénétrer.
    Merles s'était téléporté et attendait déjà à la barre des témoins, muni d'un transducteur qui avait déjà enregistré et traduit la langue du pays où il s'était matérialisé. Grand et habillé d'une combinaison blanche, il craignait d'être prit pour un ange, il ne lui manquait que les ailes......

    Le juge, le prêtre et quelques assesseurs arrivèrent suivis de l'escouade et de la femme rousse.  Ils prirent place sur l'estrade qui leur était réservée et s'assirent. Ils restèrent silencieux, attendant visiblement quelque chose  ; de fait, peu après, la porte de la salle d'audience s'ouvrit pour laisser passer un homme corpulent d'environ six pieds, en tenue de chasseur. C'était le seigneur de la ville qui prévenu des événements pendant une partie de chasse, n'avait pas pris le temps de se changer et poussé par la curiosité s'était précipité au palais. Il prit place sur le siège qui lui était réservé, un siège dont les accoudoirs étaient ornés de têtes de lion.
    Alors, que se passe-t-il, et qui est ce géant vêtu de blanc  ?  » demanda-t-il d'un ton rude en regardant le juge. Merles n'était pas surpris d'être qualifié de  géant, la taille moyenne de la population de cette contrée de Kerla étant de 1m60.
    Nous n'en savons rien  » répondit le juge «   C'est sans doute lui qui a ordonné d'une voix tonnante venue du ciel de conduire la sorcière au Palais de Justice car cette voix a dit qu'il nous attendrait ici-même.  
    «   C'est certainement un démon  » s'exclama le prêtre. «  Nous ne l'avons pas vu sur la place et maintenant il est ici sans que personne ne l'ait vu entrer  !  »
    Ordonné  ?  Et pourquoi avez-vous obtempéré  ?» s'emporta la seigneur  
    C'est que  » dit le juge en baissant la tête «   La voix était si puissante et venant du ciel.......
    «  Et d'abord, qui êtes-vous, d'où venez vous  ?  » dit le seigneur, s'adressant à Merles.
    Permettez-moi de vous présenter mes respects, Monseigneur  » dit Merles en s'inclinant. Le seigneur en fut visiblement satisfait.
    Je ne suis ni un démon, ni un ange, mais un humain, comme vous,  muni de nombreux pouvoirs et d'une grande puissance.
    Ah oui  ?  Nous allons voir  ! Emparez-vous de cet homme  !  » ordonna le seigneur à l'officier de l'escouade.
    Un murmure se propagea dans la salle et quatre gendarmes se mirent en mouvement.  Merles se demanda s'il valait mieux user de ses pouvoirs mentaux ou de son paralyseur. Il opta pour le mental, réservant le paralyseur à des dangers plus menaçants. L'officier et les gendarmes se figèrent.
    Et bien, qu'attendez-vous  ?  » aboya le seigneur. Merles relâcha son emprise pour que l'officier pu parler
    Je ne peux pas bouger, votre seigneurie  »
    Comment ça, vous ne pouvez bouger, donnez moi votre épée  » Le seigneur tenta de se lever mais il retomba sur son siège.
    Vous voyez que c'est un démon  » piailla le prêtre «  D'où tiendrait-il ses pouvoirs sinon de Tarbub  ?  » dit-il en faisant de la main gauche un signe en S sur sa poitrine.
    - Mes pouvoirs viennent d'un long apprentissage et je pourrais vous en enseigner une partie.  » Cette phrase sembla intéresser le seigneur au plus haut point.
    "Vous ne m'avez pas dit d'où vous venez  ! Vous parlez notre langue, êtes-vous un de mes sujets  ?  » Merles jugea qu'il valait mieux ne pas répondre,  personne ne pourrait accepter l'idée que les étoiles étaient des soleils et des galaxies, cela contredirait les croyances actuelles et il passerait pour un fou, à défaut d'un démon.
    Ne l'écoutez pas, ne vendez pas votre âme à Tarbub  » s'exclama le prêtre d'une voix aigüe. Le seigneur en fut visiblement agacé, il ne répondit pas, car il importe de se ménager les faveurs de l'Eglise, mais il demanda à Merles
    "Et si j'accepte votre enseignement, que me demanderez-vous en échange  ?
    - Rien, si ce n'est une révision du procès de cette femme  » Elle releva la tête et écouta avec attention.
    Il n'en est pas question  » s'écria le juge  «  Cette femme est une sorcière, nous l'avons démontré  !  Elle a été soumise à la question et elle a avoué».  
    Merles estima qu'il pouvait se permettre de contrer le juge, mais surtout pas le seigneur. «  Je me rendrai à la décision de votre seigneur  » dit-il. Ce dernier, séduit par l'offre de Merles annonça qu'une révision du procès aurait lieu.  Une grande joie inonda le visage de la femme et elle sourit à Merles qui la regarda. Elle n'était ni laide, ni jolie, mais son regard rayonnait d'intelligence et Merles perçut une belle âme.


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    geveil

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    Re: Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par geveil le Mar 3 Oct - 9:31

    La révision du procès eut lieu trois jours plus tard.  La salle était pleine à craquer et bourdonnais d'excitation. Merles avait obtenu d'être avocat de l'accusée et attendait au premier rang du parquet à gauche du prétoire. Il était assisté, pour la forme, d'un véritable avocat local. A droite se tenait le procureur, un prêtre orlien. L'accusée, Taveline Duchêne était assise au pied du prétoire.
    Tout ressemblait à une salle d'audience sur terre des siècles plus tôt. Le seigneur de la ville occupait bien sûr une place d'honneur, à quelques mètres du prétoire. L'huissier annonça l'entrée du juge et des ses assesseurs. La salle se leva, le juge, en toge jaune, ornée d'une fourrure noire et coiffé d'une sorte de casque orné de six pointes d'argent ciselées d'environ 30 cm dressées vers le ciel, entra, digne et raide. Il s'assit et fit signe de s'asseoir.
    " Nous sommes là sur ordre de sire Malivoult, seigneur de notre ville pour une révision du procès en sorcellerie de Taveline Duchêne ici présente." Il s'abstint de révéler ses sentiments pour ne pas se faire du seigneur un ennemi. "Monsieur le Procureur, vous avez la parole"- Merci votre honneur. C'est à la suite d'une dénonciation que nous avons enquêté sur la activités de l'accusée ici présente. Il n'a pas souhaité être présenté comme témoin au procès, mais il a vu l'accusée s'engager de nuit dans la forêt portant une fiole et suivie d'un chat noir..." L'avocat se leva:
    "Objection votre honneur! Le témoin dit avoir vu cette femme et rien ne prouve qu'il l'a effectivement vue.
    - Objection rejetée" s'exclama le juge " le témoin a juré sur la sainte Aprole de dire la vérité. Poursuivez, procureur."


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    Re: Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par Hitori le Dim 8 Oct - 18:58

    Merles, ignorant l’injonction du juge, répondit :- Veuillez me pardonner votre honneur….. - grâce à ses implants nanos il avait  amplifié le son de sa voix qui emplit l’espace de la salle à la manière du roulement du tonnerre a tel point que tous furent saisis de surprise et le juge lui-même accusa le coup en rentrant légèrement sa tête dans ses épaules - … mais le témoin peut très bien être de bonne foi et néanmoins se tromper. Il peut très bien croire avoir vu l’accusée et jurer sur la sainte Aprole que c’est la vérité et être dans l’erreur.

    Non! impossible… répondit le procureur…le témoin est un excellent chasseur, le plus grand que la terre du milieu ait connu. Il est aussi clairvoyant que le grand Marcus, notre saint pâton des chasseurs. Il est pourvu d’une grande acuité visuelle, il est capable de voir la tâche ventrale d’un aurus-menta, à 200 stils de hauteur.

    Cela ne prouve rien… renchérit Merles….il peut avoir une très bonne vue et se tromper.

    Le juge, les deux mains soutenant son menton était troublé par la personnalité de l’avocat, un léger tic de la paupière gauche faisait se fermer son oeil par intermittences, signe chez lui d’une grande perplexité. C’est pourquoi il n’était pas intervenu et laissait le débat se poursuivre.  

    - D’ailleurs, si votre honneur le permet, je peux vous le prouver sur le champ.

    En avançant sa main droite et en abaissant sa tête le juge lui signifia son assentiment.

    Merles…….


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    Re: Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par Hitori le Lun 9 Oct - 22:58

    Merles s'éloigne du procureur et se place au centre de la salle et lui demande d'une voix haute et claire:  
    -Que voyez-vous devant vous?
    -Comment?  où ça?
    -A un mètre de vous, que voyez-vous?
    -Mais…..à par vous je ne vois rien.
    -Bien, c’est donc que vous me voyez près de vous ?
    -Mais bien sûr que je vous vois, qu’est-à dire?
    -Comment me décririez-vous?
    -Ben, comme un homme pardi, répondit le procureur visiblement agacé par ce personnage étrange.
    -Mais encore, comment me décririez-vous?
    -Votre honneur, cet homme se moque de moi, ses questions n’ont aucun sens, c’est un outrage fait à ce tribunal, dit le procureur de plus en plus agacé.
    -Répondez aux questions que l’on vous pose lui rétorqua le juge d’un ton tranchant.
    -Heu….bien votre honneur.
    -Je répète ma question, lui dit Merles …comment me décririez-vous?
    - Vous êtes de petite taille et d’une corpulence assez forte et votre peau est olivâtre.
    -Et où suis-je par rapport à vous?
    Ben, devant moi pardi.
    -Vous en êtes sûr?
    -Bien sûr que j’en suis sûr…la question idiote que voilà, dit le procureur en commençant à s’agiter d’énervement.

    Le juge le regardait d’un regard dubitatif et dans la salle un murmure se faisait crescendo et on entendait des oh! et des aaah... qui fusaient des rangs par endroits. Cela déstabilisait le procureur qui se demandait ce qu’il y avait qu’il ne comprenait pas.

    -Vous êtes prêt à le jurer sur la sainte Aprole dit demanda Merles.
    -Bien sûr, sans aucune hésitation.
    -Vous soyez votre honneur, cet homme est prêt à jurer que je suis tel qu’il me désigne, pour lui cela ne fait aucun doute que ce soit la vérité, pourtant vous voyez, tout comme peut le constater l’honorable assemblée, qu’il se trompe. Ce qui invalide une accusation portant uniquement sur un témoignage visuel, je pense que vous en conviendrez.
    -Heu...oui, en effet je vois cela, répondit le juge, manifestement dérouté par la tournure des évènements… Vous apportez manifestement là une preuve convaincante qui remet en question l’accusation formulée, nous allons délibérer et statuer sur la suite à donner à cette affaire.
    -Bien, lui répondit Merles, je ne doute pas que la justice soit rendue d’une manière équitable et je m’en félicite pour le sort d’une innocente accusée à tort.

    Merles balaya l’assemblée du regard et croisa celui de Taveline et ce qu’il lu dans ses yeux était plus que de la reconnaissance.

    -Que??.... quoi ??.... bredouilla le procureur, qu’est-ce que tout cela veut dire??…
    -Maître, taisez-vous, n’aggravez pas votre cas lui répondit le juge, je pense que votre carrière en tant qu’avocat va s’arrêter là.

    Abasourdi, s’affaissant sur lui-même, le pauvre bougre ne savait pas qu’il avait été la victime d’une technologie avancée. Les implants nanos de Merles ayant matérialisé une fausse image de lui se substituant à la vraie. Alors qu’il était de haute stature et assez mince avec une peau claire, d'un blanc laiteux, comme pouvait le constater toute l’assemblée, le procureur le voyait petit, gros, avec une peau foncée. En outre, alors qu’il était assez éloigné du procureur il lui avait fait croire qu’il était près de lui.


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    geveil

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    Re: Les catalyseurs d'Histoire.

    Message par geveil le Mar 10 Oct - 22:46

    Mais tout à coup, le procureur se ressaisit, Merles ayant mis ses implants hors circuit, il s'écria:
    " Votre honneur, maintenant je vois le dit Merles tel que tout le monde le voit, grand et clair de peau, c'est bien la preuve qu'il ma jeté un sort et que c'est un démon!
    - C'est bien possible" dit le juge" Qu'avez-vous à répondre, Maître ouououou...... je ne sais qui?
    - C'est exact, votre honneur, mais j'ai usé d'hypnose et non de pouvoirs démoniaques. N'importe qui est capable de s'en servir moyennant des années d'apprentissage. Les magiciens des foires amusent le public avec des tours de cet ordre, vous devez le savoir et peut-être même en avoir vu?
    - En effet, mais dans ce cas, votre argumentation tombe à l'eau, le témoin de l'accusée n'était pas sous hypnose, que je sache.
    - Je le reconnais votre honneur, je voulais juste faire valoir qu'un témoignage doit être reçu avec la plus grande prudence. N'y-a-t-il pas dans la sainte Aprole un commandement qui dit que pour accuser quelqu'un de meurtre uniquement sur témoignage, au moins trois témoins doivent avoir assisté au meurtre?" Le prêtre hocha la tête. Le procureur s'écria " Mais elle a avoué son commerce avec le Diable!
    - Cela non plus ne prouve rien" dit Merles d'une voix posée. " Elle a avoué soumise à la question, et qui ne finirait pas par dire ce qu'on veut entendre sous la torture? Vous même, Monsieur le Procureur, que feriez vous? M'autorisez vous, Votre Honneur à faire encore une fois usage des facultés particulières dont je suis maître?" Déstabilisé, le Juge chercha du regard un encouragement muet de la part du seigneur, qui passionné par ce débat acquiesça en baissant les paupières.
    - Soit, Maître, mais je vous interdis d'en faire usage contre le procureur!
    - Dans ce cas, qu'on fasse venir le bourreau" demanda Merles.


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